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Le Canard enchaîné du 8 août 2001Bercy fait passer le Quai à la caisseJOSPIN et Fabius ont oublié d’en informer les citoyens mais, avant de partir bronzer l’un à l’île de Ré et l’autre dans le Gers, ils ont multiplié les mesures de «gel budgétaire» dans les ministères. Une opération à l’ampleur inhabituelle cette année en raison de l’inquiétude qui a saisi Matignon et Bercy au vu de l’aggravation du déficit budgétaire (...). Dernière victime en date le ministère des Affaires étrangères, et en particulier sa Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID). L’enjeu est de taille : la DGCID représente à elle seule 40 % du budget du Quai d’Orsay. C’est par un télégramme à «diffusion restreinte», en date du 27 juillet, signé par Hubert Vernet, un conseiller des Affaires étrangères, que les diplomates en poste à l’étranger et à Paris ont appris la bonne nouvelle. Dès le début de son pensum, l’auteur du télégramme avertit ses collègues. le Quai est logé à la même enseigne que les autres ministères. Puis il détaille ce «gel». En tout, ce sont 130 millions de crédits, pourtant votés par le Parlement, qui sont concernés. Déjà 45 millions étaient passés à la trappe grâce à un décret d’annulation, publié au «Journal officiel » du 22 mai dernier. Cette fois, c’est presque le double : 85 millions se retrouvent «mis en réserve». Les résultats sont immédiats : les centres culturels français à l’étranger ne disposent plus que de 60 % du «solde de leurs crédits programmés pour 2001», et la consommation des sommes destinées à l’assistance technique est suspendue. Ce n’est pas rien. Histoire de rassurer les troupes, le ministère tient à préciser, à la fin de son télégramme : «Il ne s’agit, à ce stade, que d’une simple mise en réserve des crédits qui, en fonction de la conjoncture économique d’ici à la fin de l’année, et notamment de la situation budgétaire, se traduira ou pas par leur annulation totale ou partielle.» On ne saurait dire plus clairement que, cinq mois avant la fin de 1’année, le gouvernement ne sait pas bien où il va, financièrement parlant. Trois jours avant l’envoi de ce télégramme, le 24 juillet, Jospin, accompagné d’Hubert Védrine et de son ministre délégué Charles Josselin, avait réuni à Paris, au Palais des congrès, les fonctionnaires responsables de la coopération culturelle et de l’aide au développement. Une grand-messe au cours de laquelle le Premier ministre et son ministre des Affaires étrangères avaient assuré, la main sur le coeur, que les crédits de la coopération seraient maintenus et même «considérablement » augmentés en 2002 ! Trois jours plus tard, à peine retournés à leur poste, les ambassadeurs ont pu découvrir ce télégramme leur annonçant 130 millions de coupes budgétaires. On n’est pas plus habile pour motiver les diplomates... |
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